MARIGNE, de l’époque gallo-romaine à la Révolution


Imaginons un instant que nous puissions utiliser la machine à remonter le temps…

Nous sommes à l’époque gallo-romaine. A l’est de la commune actuelle, près du ruisseau des Grandes Vallées, au point culminant des Buttes et, un peu plus au Sud, près de l’Ongline, quelques feux (maisons) s’animent. Des hommes partent aux champs ou aux forges de la Fulissière et du Boulay. En effet, le minerai de fer abonde à MARIGNE qui, à cette époque, se dénommait peut-être déjà MARIGNIACO…

Autre saut dans le temps. Nous sommes au XIème siècle. Les cloches de l’église Saint Pontien sonnent à toute volée. Tout le village accueille le Père GAUFRIDUS qui a la charge de la Paroisse. Un peu plus tard, en 1177, l’église tombée entre les mains de laïques sera rachetée par l’Evêque d’ANGERS Geoffroi LA MOUCHE.

Nous voici en 1530. Du cimetière qui se trouve près de l’église, montent de la fumée et une bonne odeur de pain fraîchement cuit. Un certain Marc ROUZAIN sort de belles miches de son four. En effet, depuis le Moyen-âge, il est courant de voir le cimetière servir de lieu d’habitation. Depuis la construction de l’église, de nombreuses familles ont vécu dans cet endroit. Le sieur Marc ROUZAIN possède aussi près de sa maison un pressoir bien utile pour sa vendange personnelle.

Quelques 40 ans plus tard, le 15 août 1572, le village est de nouveau en liesse. Un petit collège ouvre ses portes. Il a pour mission « d’instruire la jeunesse de la Paroisse et des Paroisses voisines ».

Du XVème au XVIIIème siècle, le territoire de MARIGNE est divisé en 5 Seigneuries :

-la Seigneurie du Plessis Gaudin (c’est elle qui possède le territoire le plus étendu) ;

-la Seigneurie de la Perrine (seconde en importance) ;

– la Seigneurie de la Chabossière ;

-la Seigneurie de Port-Joulain ;

-et la Seigneurie de la Ragottière.

A cette époque, taquiner le gardon ne devait pas être un problème. De nombreux étangs, étaient disséminés sur le territoire de la commune (étangs de Gernigon, de la Claie, de la Chabossière, du Perray, de la Roche, de la Thomassière et des Sinettes). L’importance de la pisciculture ne fait aucun doute.

 

14 juillet 1789, les sans-culottes prennent la Bastille : c’est la Révolution !

Parmi les 1200 habitants de MARIGNE, des insurgés se lèvent et prennent les armes contre les révolutionnaires : Joseph COQUEREAU et son frère Louis, Benjamin HOSSARD dit « l’ami du Roi » et les trois frères LOGEAIS dits PIMOUSSE, CHASSE-BLEUS et PETIT CHOUAN (le nom de ce dernier explique la présence d’une chouette sur le blason de la commune).

Le 24 février 1794, des cris envahissent les rues du village, des chouans viennent couper l’arbre de la liberté. La terreur s’installe…

Le 19 août 1794, les chouans sont surpris par le bataillon des Ardennes. 40 hommes périssent. De nombreuses exécutions ont lieu ainsi que des pillages.

Après cette période tumultueuse, MARIGNE aura à traverser bien d’autres époques tourmentées…, mais cela est une autre histoire…

Informations tirées de :

-« l’évolution de l’habitat et histoire du paysage dans le Maine-et-Loire ». JL BALLAIS, M. GRINBERG, M. GRUET, E. ZADORA-RIO (CNRS) -1982 ;

-Célestin Port, Dictionnaire historique et géographique -1876.